Dans
le courant du mois de mai, quelques collègues de la bibliothèque
universitaire d'Avignon avaient songé à monter
un collectif pour organiser une "journée bibliothèques"
et demander une entrevue à notre ministre. Le message
suivant circulait sur différents forums :
Les bibliothèques universitaires
sont directement touchées par la loi LRU et participent
au mouvement de contestation des universités depuis le
début.
Avec la disparition de la sous-direction
des bibliothèques, la remise en cause des compétences
professionnelles des personnels toutes catégories confondues,
l'extension des horaires d'ouverture et la mission de formation
dans le plan « Réussite en licence » sans
personnel supplémentaire, l'externalisation des tâches,
les fusions de corps et l'incertitude qui pèse sur notre
métier et nos statuts il est temps que nous fassions
entendre notre colère et que Valérie Pécresse
nous écoute.
C'est pourquoi il nous semble intéressant
d'organiser une journée pour les Bibliothèques
universitaires. Par exemple nous pourrions nous retrouver à
la mi-juin (pourquoi pas le vendredi 17 juin) devant le Ministère
de l'enseignement supérieur et de la recherche pour un
piquet de grève et pour obtenir un rendez-vous avec notre
ministre. Le but étant de rassembler un maximum de personnel
de bibliothèque à Paris et d'être le plus
visible possible.
Qu'en pensez-vous ? Si cette idée
vous intéresse, pourriez-vous la relayer et nous aider
à préparer cette journée ?
AutonomeSup
bibliothèques était prêt à apporter
son concours à ce collectif, estimant que les problèmes
spécifiques aux personnels de bibliothèque devaient
être exposés au Ministre. Car même si nous
estimons que nous partageons la situation des enseignants-chercheurs
et des ATOS, nous savons qu'il se pose pour nous des problèmes
particuliers.
- Nous sommes des personnels de l'Etat, et contrairement aux
ATOS dont la gestion est déconcentrée, nous sommes
des personnels à gestion nationale, avec CAP nationales.
- Contrairement aux enseigants chercheurs, nous ne sommes pas
recrutés par des commissions, à partir de listes
d'aptitude, mais par des concours nationaux.
- Nous sommes, au niveau de chaque université, des corps
à très faibles effectifs, et c'est pourquoi le
principe de commissions paritaires locales (les CPE) est inadapté
à nos corps, et nous prive de toute protection.
Nous
revendiquons notre statut de fonctionnaires de l'Etat, et les
statuts particuliers de nos corps. Nous estimons avoir une spécificité,
un métier, et la fusion avec d'autres corps de la fonction
publique nous semble inacceptable.
Nous réaffirmons notre attachement au principe du recrutement
par concours sur épreuves, organisé au niveau
national, qui seul permet l'égalité d'accès
aux emplois publics. Et je répondrai encore une fois
à ceux qui soulèveraient l'objection de l'injustice
du concours que le concours est effectivement injuste, mais
qu'il l'est pour tout le monde, et de la même façon.
Nous ne pouvons admettre d'être gérés sans
aucun contrôle. Or tel serait le cas dans le cadre d'une
gestion locale. Nous exigeons que toutes les mesures qui nous
concernent à titre individuel, nominations, avancement,
détachements etc. soient prises après avis de
commissions particulières à chaque corps, et réunissant
à parts égales, des représentants de l'administration
et des représentants élus du personnel. Il est
évident que ces commissions ne peuvent être que
nationales, et qu'il est impossible de les mettre en place au
niveau local. Quant à notre corps d'inspection, nous
regrettons qu'il n'intervienne plus depuis longtemps dans la
gestion des personnels, et nous avons toutes raisons de craindre
qu'il n'aura plus aucune influence si notre gestion est entièrement
confiée aux universités.
Toutes
ces revendications sont manifestement incompatibles avec la
loi LRU, qui accorde aux universités l'autonomie dans
le recrutement et la gestion des personnels. Nous ne pouvons
pas demander l'abrogation de la loi LRU, dans la mesure où
elle comporte de nombreux aspects qui sortent de notre compétence.
Mais nous ne pouvons admettre les dispositions qui s'attaquent
à notre métier et à nos statuts. Dans le
mesure où nous savons parfaitement que nos moyens d'action
sont limités, nous pensions que cette journée
des bibliothèques était une bonne idée
et qu'en nous réunissant aussi nombreux que possible
devant le ministère pour exiger une entrevue, nous avions
plus de chances d'être entendus qu'en faisant grève
(je ne sais pas exactement ce que nos collègues entendaient
par piquet de grève, je crois qu'il fallait comprendre
rassemblement).
Seul,
le collectif ne pouvait rien faire, il lui fallait l'appui des
syndicats. Malheureusement, certaines organisations n'ont pas
suivi, sous le prétexte qu'il ne fallait pas mener une
action individuelle, corporatiste en quelque sorte. Nous comprenons
cette position de principe, mais nous sommes au regret de constater
que dans la pratique, elle ne mène nulle part. Car aucune
action ne sera menée, et si des négociations ont
lieu un jour, elles concerneront les personnels dans leur ensemble,
et risquent fort de ne pas prendre en compte la situation particulière
de la minorité que nous sommes. Nous persistons à
croire que cette initiative était intéressante,
et qu'il faut la reprendre à la rentrée, en la
préparant par un effort d'information auprès de
tous les personnels, syndiqués ou non.
Ph. ROUYER, secrétaire général, 02/06/2009